La peinture flamande du milieu du XVIe siècle suscite toujours les convoitises, surtout quand il s’agit d’une œuvre exceptionnelle, comme dans ce cas-ci.
Ce magistral Saint Jérôme dans son atelier cumule en effet plusieurs qualités, qui ont eu pour effet de faire grimper rapidement les enchères en salle et en live : d’abord sa signature, celle du recherché Jan Massys, suivie d’une date «1571», ensuite sa virtuosité, particulièrement sensible dans le rendu très précis du visage et des mains de l’ermite barbu, et enfin son intégrité, exempte de toute restauration.
Et si l’on ajoute qu’il n’apparaît que de très rares exemples du travail de cet artiste sur le marché (et encore ceux-ci sont-ils qualifiés d’ «attribués à», source Artnet), on comprendra aisément que ce panneau ait été propulsé à 430 500 € sous le marteau de Me Richard, à Villefranche-sur-Saône, en ce samedi 15 octobre. Jan Massys, né vers 1510 à Anvers, est le fils du grand Quentin Metsys, l’auteur du légendaire tableau Le Prêteur et sa femme ;  bon sang ne saurait mentir, et Jan peaufine son talent naissant dans l’atelier paternel. Jusqu’à ce jour, où il est banni du grand port flamand pour sa foi réformée, un malheur qui lui sera profitable…
Il passe son exil en Italie, en particulier à Gênes, puis en France, à Fontainebleau, semble-t-il, deux écoles très différentes qui marqueront définitivement son travail de leur influence. De retour dans sa patrie après quatorze ans, Massys devient célèbre pour ses portraits italianisants et maniéristes.
Pour admirer ses œuvres, c’est dans les grands musées européens qu’il faut se rendre, le Louvre ou le Kunsthistorisches Museum de Vienne par exemple, où sont exposés respectivement un David et Bethsabée et un Collecteur d’impôts.

Villefranche-sur-Saône, samedi 15 octobre.
Guillaumot-Richard OVV. Cabinet Turquin.